Les 5 leaders de la Coalition 64 doivent se réunir à Rome le 25 octobre prochain avec un double objectif : se positionner sur leur soutien à Joseph Kabila, mais aussi sur la stratégie à tenir pour s’opposer à Félix Tshisekedi. L’heure de la clarification a-t-elle sonné ?

En prenant la tête de la rébellion, Joseph Kabila ne change pas uniquement la donne sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), il jette également le trouble au sein de l’opposition politique congolaise. Après 18 ans au pouvoir, l’ancien président congolais a été désigné comme le leader d’une nouvelle alliance rebelle, le Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dévoilé le 12 octobre à Goma. Associé au M23, soutenu par le Rwanda voisin, le FRN affiche clairement la couleur : « mettre fin à la tyrannie » de Félix Tshisekedi, « y compris par la force ». Un objectif qui fait craindre une nouvelle escalade des combats à l’Est du pays, mais pas seulement. Le nouveau statut de rebelle de Joseph Kabila, déjà condamné à mort par Kinshasa pour trahison, embarrasse l’opposition politique, réunie depuis mai 2026 au sein de la Coalition 64 (C64). Depuis l’annonce d’un probable dialogue national par le président Tshisekedi, l’opposition plaide pour un format réellement inclusif qui permettrait à Joseph Kabila et aux rebelles de l’AFC/M23 d’y participer. Une ligne rouge infranchissable pour Kinshasa. La question est maintenant de savoir si les opposants congolais vont continuer de soutenir la participation de Joseph Kabila, qui reconnaît aujourd’hui vouloir reprendre le pouvoir par les armes. Depuis l’annonce de la création du FRN, la Coalition 64 est restée étrangement silencieuse. Que pensent Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund ou Augustin Matata Ponyo de la nouvelle stratégie de Joseph Kabila ? Pour l’instant, personne ne s’est exprimé sur le sujet.
La nouvelle donne Kabila
Le silence de la plateforme d’opposition, favorable à la participation de Joseph Kabila au dialogue national, suscite de nombreuses interrogations. Certains leaders seront-ils tentés de rallier l’ex-chef d’Etat ? Le nouveau rebelle Joseph Kabila place les opposants face à un dilemme : prendre ses distances (ou pas) avec quelqu’un qui a repris les armes, tout en continuant à combattre Félix Tshisekedi qu’ils accusent de vouloir changer la Constitution pour s’offrir un troisième mandat. Une ligne de crête si difficile à tenir que, pour l’heure, la Coalition 64 ne s’est toujours pas exprimée sur le sujet. Le 25 octobre prochain, les cinq leaders de la plateforme sont censés se retrouver à Rome pour un conclave. Leur position sur la nouvelle donne Kabila sera donc très attendue. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a d’ailleurs récemment appelé la C64 à la clarification après la création du FRN par Joseph Kabila : « Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent se prononcer, s’ils font le choix de la République ». Pour l’opposition, il faudra donc trouver l’équilibre entre la volonté d’un dialogue inclusif et la nouvelle réalité créée par le Front pour la Refondation de la Nation. La crédibilité de l’opposition est en jeu.
Christophe Rigaud – Afrikarabia


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