Une enquête de Human Rigths Watch (HRW) dénonce les « graves risques sanitaires » sur les populations vivant à proximité des installations de la compagnie pétrolière au Kongo-Central. Un audit environnemental commandé par le gouvernement congolais en décembre 2024 n’a jamais été publié.

Depuis 2000, la compagnie pétrolière franco-britannique Perenco exploite des dizaines de puits d’hydrocarbures sur la façade atlantique de la République démocratique du Congo (RDC), autour de Muanda, dans la province du Kongo-Central. Régulièrement mis en cause pour ses mauvaises pratiques environnementales, Perenco a toujours réfuté les accusations des ONG locales qui dénoncent les « torchages » de gaz et les fuites d’hydrocarbures qui se répandent dans les sols et les rivières de la région. Pourtant, en décembre 2024, un audit avait été commandé par les autorités congolaises « suite à des signalements de pollution persistants ». Mais depuis, aucune information ni rapport n’ont été publiés sur la qualité de l’air, de l’eau et des sols. « Les habitants des communautés voisines ont le droit de connaître l’ampleur de la pollution dans leur environnement et les risques qu’elle représente pour leur santé », a estimé Agathe Bounfour, chercheuse principale sur les énergies fossiles à Human Rights Watch. L’ONG a donc enquêté sur les risques qui pèsent sur la santé des populations qui vivent ou travaillent près des installations pétrolières. 45 personnes ont été interrogées à Muanda, et des images satellites, vidéos et photographiques ont été analysées.

Le gouvernement congolais devrait « faire preuve de transparence »
Une des pratiques les plus contestées est celle de la combustion du gaz associé à l’extraction du pétrole, le « torchage ». Certaines torchères sont situées à moins de 80 mètres de certaines habitations. Human Rights Watch a constaté que de nombreux résidents souffraient de maladies respiratoires, de douleurs thoraciques et de nausées « qu’ils attribuent à la fumée provenant de l’incinération dans une usine de traitement des déchets située à deux kilomètres d’un village ». Autre point noir, « les déversements de pétrole provenant des puits et des pipelines, qui ont contaminé les sols et les lits des rivières ». Les habitants sont ainsi soumis à des gaz, des métaux lourds, des hydrocarbures, « reconnus comme toxiques et nocifs pour la santé », explique le rapport d’HRW. En mai 2026, l’ONG avait alerté le gouvernement congolais de ces risques graves pour la santé des populations de Muanda. Une lettre restée sans réponse depuis. Contactée, la société Perenco a réfuté que ses opérations « soient susceptibles de provoquer une pollution de l’air, des sols et de l’eau ou des problèmes de santé aigus graves ». Le pétrolier conteste les études scientifiques qu’il considère comme « méthodologiquement inadéquates ». Pour Human Rights Watch, le gouvernement congolais devrait « faire preuve de transparence quant aux niveaux de pollution pétrolière afin de respecter ses obligations en matière de droit à la santé et d’appliquer pleinement sa législation ». D’autant que les autorités congolaises cherchent à développer le secteur pétrolier et à attirer de nouveaux partenaires, de plus en plus regardants sur le respect de l’environnement.
Christophe Rigaud – Afrikarabia
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La société Perenco nous a fait parvenir le communiqué ci-joint :
« La société Perenco-REP a pris connaissance du « communiqué détaillé » publié lec21 Juillet 2026 par Human Rights Watch (« HRW ») sur son site internet et relatif aux activités de Perenco-REP dans la région de Muanda, en République démocratique du Congo (le « Communiqué »).
Perenco-REP rejette catégoriquement les accusations relayées par HRW dans le Communiqué, notamment s’agissant d’une prétendue pollution de l’air, des eaux et des sols dans la zone d’exploitation pétrolière dans laquelle elle opère.
À la lecture du Communiqué, Perenco-REP constate que ces accusations reposent sur, d’une part, des rapports factuellement et scientifiquement inexacts quand ils ne sont pas en plus obsolètes – en particulier un rapport du Sénat congolais datant de 2013, dont tant la méthodologie que les conclusions ont été systématiquement dénoncées, y compris localement – ainsi que, d’autre part, quelques déclarations tronquées et invérifiables sélectionnées par HRW, censément recueillies dans des circonstances inconnues auprès d’un nombre plus que limité de personnes sélectionnées pour alimenter son Communiqué.
Perenco-REP ne peut que regretter le choix d’HRW de s’affranchir de toute rigueur et souci d’objectivité. Le Communiqué s’inscrit, en réalité, dans le cadre d’une campagne plus large pour les besoins de laquelle l’inflation du nombre de personnes s’autorisant à publier des « communiqué détaillé », rapport ou autre prétendue enquête se citant mutuellement et de manière circulaire, afin de se donner une apparente consistance, a pour objectif de masquer, par le volume, l’absence de substance. Le Communiqué s’avère, par ailleurs, un énième exemple d’un refus systématique et délibéré de s’interroger sur les diverses et nombreuses sources locales de pollution.
À rebours des allégations formulées dans le Communiqué, Perenco-REP tient à réaffirmer que les communautés locales et l’environnement demeurent au cœur de ses préoccupations depuis plus de vingt-cinq ans. Les autorités congolaises exercent d’ailleurs un contrôle continu, régulier et approfondi de ses opérations, veillant au respect de l’ensemble de ses obligations, y compris en matière environnementale.
Perenco-REP entend poursuivre ses activités aux côtés des communautés locales et des autorités congolaises, dans un esprit constant de dialogue, de transparence et de responsabilité et grâce à l’engagement de ses collaborateurs qu’elle salue.«


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